Paroisse de Lannion
 

Communion, communion solennelle, communion privée, profession de foi, première communion, première des communions, confirmation …
comment s’y retrouver ?

Depuis quelques semaines, des familles interrogent le presbytère au sujet des communions. Beaucoup ne sont pas au clair sur la pratique actuelle de l’Église dans notre paroisse. Ce texte voudrait permettre de mieux comprendre le sens de ces célébrations et la préparation demandée.

Communion, communion solennelle, communion privée, profession de foi, première communion, première des communions, confirmation… Il faut reconnaître que devant tout ce vocabulaire, beaucoup éprouvent le sentiment d’être un peu perdus. Ils ne savent plus très bien que dire et que penser. Ils ont l’impression que dans l’Eglise « ça change tout le temps ! »
Un peu d’histoire devrait permettre pourtant de mieux comprendre ce dont on parle et de mieux saisir ce qui se passe aujourd’hui.

Un peu d’histoire
Pendant des siècles, l’Église a célébré ensemble les sacrements du baptême, de la confirmation et de la première eucharistie. Aujourd’hui encore cette pratique reste la norme quand l’Église célèbre le baptême d’un adolescent ou d’un adulte. Ce jour là, le baptisé reçoit aussi la confirmation et communie pour la première fois. Ainsi les trois sacrements de l’initiation, c’est à dire les trois sacrements qui constituent le chrétien (le baptême, la confirmation et l’Eucharistie) sont-ils liés fortement ensemble.
En 1215, le concile de Latran décide de dissocier la première Eucharistie du baptême. On attendra qu’un enfant baptisé atteigne l’âge de 7 à 12 ans, voire plus, pour qu’il puisse communier.

Bien plus tard, au XVIème siècle, le concile de Trente dans sa grande réforme liturgique cherche à mettre davantage en valeur le sacrement de l’Eucharistie. On va donc solenniser la célébration de la première communion. En France, Saint Vincent de Paul marquera les esprits dans ce sens. C’est avec lui que la première communion va devenir la fameuse « communion solennelle ». Jusqu’au début du XXème siècle cette tradition demeurera très forte en France.
En 1910, Pie XII décide d’autoriser les enfants à communier dès l’âge de 6 ans. On revient donc à un âge très jeune. Cependant les évêques en France ont souhaité maintenir l’exigence d’un certain nombre d’années de catéchisme. On mettra donc en place deux célébrations. La première communion qui sera célébrée dès 6 ans en famille et qu’on appellera désormais « communion privée » et la deuxième dite « grande communion » ou « communion solennelle » qui sera célébrée à 10-11 ans qui achève la catéchèse initiale.

Cette pratique n’est bien sûr pas sans ambiguïté. Elle donne à penser qu’il y aurait comme deux communions. Elle dévalorise et privatise la première communion. Voilà pourquoi les évêques dès 1936 appellent à ce que la communion solennelle devienne plutôt une « profession de foi ». Il s’agit de ne plus en faire une réplique de la première communion mais de l’inscrire dans le rappel du baptême en insistant sur la profession de foi baptismale. A partir des années 50, cette pratique va peu à peu se généraliser en France, mais il faudra encore beaucoup de temps pour que ce changement de vocabulaire devienne effectif dans les paroisses. Aujourd’hui encore, beaucoup parlent de « communion solennelle » et n’ont pas intégré la « profession de foi ».

L’histoire du sacrement de la confirmation est encore plus floue. Retenons seulement qu’après avoir été très lié au baptême dans la première Église, le sacrement de la confirmation en est venu lui aussi à s’en distinguer. Cela tient surtout au rôle donné à l’évêque puisque l’évêque est le ministre habituel de ce sacrement. Aujourd’hui le plus souvent en France le sacrement de la confirmation achève l’initiation chrétienne en faisant des baptisés des adultes dans la foi, des disciples qui portent la marque de l’Esprit, des envoyés de Pentecôte témoins du Ressuscité dans le monde. Il est nécessaire au baptême comme Pentecôte est nécessaire à Pâques. Sans lui, le baptême ne va pas au bout de lui-même.

Ce qui paraît essentiel
- D’abord prendre conscience de l’importance vitale pour le chrétien des trois sacrements inséparables : le baptême, la confirmation et l’eucharistie. Le baptême nous plonge dans la Pâques du Christ, la confirmation actualise en nous l’évènement de la Pentecôte, l’Eucharistie renouvelle dans l’Église le don de la cène et le chemin d’Emmaüs. Ces trois dons que l’on reçoit nous façonnent comme chrétiens.

- Il est dommageable que tant de baptisés demeurent comme inachevés dans la grâce parce qu’ils n’ont pas reçu le sacrement la confirmation ou parce qu’ils participent trop peu au mystère de l’Eucharistie. Ce n’est pas là une question de morale ou d’obligation. Il en va plus profondément de notre disponibilité à nous laisser façonner en Église par le Dieu de l’Évangile. Non que les chrétiens soient nécessairement meilleurs que les autres mais ils sont les témoins d’un don qui les dépasse et qui, malgré leurs limites, les transforme spirituellement.

- Dans cette perspective, nous comprenons que la profession de foi n’est pas à mettre sur le même plan. On peut prendre en compte son impact spirituel et le fait qu’elle est devenue un rite de passage qui déborde l’Église parce qu’il aide à prendre conscience qu’on n’est plus désormais un enfant : cela dit, la profession de foi n’a pas la force du sacrement. Elle n’a pas valeur de nécessité pour le croyant. On peut surtout regretter qu’elle en soit venue à faire écran aux sacrements de la première eucharistie et de la confirmation, comme si la première eucharistie n’avait de sens que comme une étape vers la profession de foi et comme si le signe de l’achèvement de l’initiation était donné dans la célébration de la profession de foi bien plus que dans le sacrement de la confirmation. Cette manière de voir qui n’est juste ni théologiquement ni pastoralement pèse encore lourdement dans nos mentalités.

Aujourd’hui et demain
La nouvelle catéchèse mise en place sur notre paroisse dans l’esprit de la réforme de l’Église en France déplace le curseur. Rappelons simplement que depuis trois ans, nous cherchons à mieux enraciner la proposition de la catéchèse dans la vie réelle de la communauté chrétienne, à proposer une catéchèse en direction de tous les âges, à en faire une véritable catéchèse d’initiation articulée sur la culture c'est-à-dire un véritable apprentissage de la vie dans le Christ dont les trois sacrements de l’initiation constituent des socles forts et incontournables.

• Confirmation
Plutôt que d’attendre l’adolescence pour envisager le sacrement de la confirmation nous préférons l’inscrire d’emblée dans la perspective de la catéchèse. Nous en parlons dès l’enfance comme une étape qui achèvera leur initiation chrétienne, place qui n’est pas celle de la profession de foi. Cela ne veut pas dire pour autant qu’après la confirmation toute catéchèse prend fin mais elle changera alors de contenu, de catéchèse d’initiation elle deviendra catéchèse de maturation.
La préparation immédiate au sacrement de la confirmation est proposée à partir de 14 ans. .

• Première des communions
Nous appelons la première communion, « première des communions », indiquant par là que la communion à l’Eucharistie ne prend son sens que dans une participation régulière à l’assemblée des chrétiens le dimanche. La première des communions en appelle évidemment bien d’autres.

La décision de célébrer sa première des communions demande un peu de discernement. Il ne s’agit pas de communier toute une classe d’âge d’un bloc sans discernement personnel. Les rythmes ne sont pas les mêmes pour tous. A partir de 9 ans, chaque catéchiste en lien avec les parents essaie de discerner ce qui est le mieux pour le cheminement spirituel de l’enfant avec la grâce de Dieu. Ni trop tôt ni trop tard, on tiendra compte de son expérience de la prière personnelle et communautaire, de sa pratique en Église notamment dans les dimanches en chemin, de son goût pour l’évangile… Il ne faut donc pas s’étonner qu’un enfant préfère célébrer un peu plus tard sa première communion.

Tous les enfants qui le désirent participent alors à un temps de retraite préparatoire. Celle-ci se fera à la suite du dimanche en chemin du 2 mai. La célébration de la première des communions sera célébrée elle dans le cadre du dimanche en chemin du 6 juin 2010 à Saint Jean du Baly.

• Profession de foi
Sur la paroisse de Lannion, la profession de foi est proposée actuellement aux jeunes en sixième.

Les enfants scolarisés en enseignement public ont déjà vécu un après midi de retraite suite au dimanche en chemin du 6 décembre. Ils se retrouveront encore pour un week-end de préparation spirituelle au Foyer de charité de Tressaint les 13 et 14 février.

Dans l’enseignement catholique, nous demandons aux enfants scolarisés qui désirent célébrer la profession de foi de participer aux temps d’aumônerie sur semaine le vendredi midi dans le collège Saint Joseph. Ils se rendront aussi en mai à l’Ile blanche en Locquirec pour un temps de retraite. Rappelons que la paroisse de Lannion accueille pour la profession de foi les enfants de la paroisse, ceux qui ont été catéchisés en primaire sur Lannion en participant non seulement à la culture chrétienne en école mais aussi à la catéchèse d’initiation et dimanche en chemin en paroisse.

Tous ces jeunes, quelque soit leur collège, s’engagent aussi à participer régulièrement aux ateliers des collégiens lors des dimanches en chemin.

D’autre part, un atelier de réflexion s’est mis en place depuis septembre pour réfléchir aux propositions faites aux jeunes et voir quelle évolution nous serions amenés à conduire l’an prochain. Il s’agit de mieux coordonner tout ce qui se vit et de penser un itinéraire de catéchèse qui soit plus cohérent.

Le cheminement par la catéchèse n’est pas réservé aux enfants. Nous avons la chance de voir cette année davantage de jeunes s’engager dans le parcours qui mène à la confirmation. Il faut nous réjouir aussi de ce que des adultes cheminent vers le baptême, l’eucharistie et la confirmation. Ils sont 3 à se préparer au baptême et 4 autres aux autres sacrements de l’initiation.
En espérant que ces précisions aideront les uns et les autres à cheminer dans la foi.


 
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